[Vœux 2023] Revivez les prises de paroles (version simplifiée disponible)

Une version simplifiée des discours des vœux 2023 est disponible :

Mardi 10 janvier 2023, s’est tenue la cérémonie des vœux de l’Adapei-Aria de Vendée présentée par Hugo Pallatier. Ce fut l’occasion pour Pierre Blanchard, président et Patrick Soria, Directeur Général de faire le point sur l’année passée, d’évoquer les perspectives d’évolution à venir et d’adresser leurs meilleurs vœux pour cette nouvelle année devant un public composé des personnes accompagnées, des familles et proches, des adhérents, des administrateurs, des partenaires et des salariés.  

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Bonsoir à toutes et à tous, je suis ravi de vous accueillir pour la cérémonie des vœux 2023 de l’Adapei-Aria de Vendée. Voilà deux ans que nous étions contraints de tenir ce rendez-vous à distance, en vidéo, nous nous réjouissons donc de pouvoir enfin voir réuni l’ensemble de la communauté de l’Adapei-Aria. Les personnes accompagnées, les familles et proches, les administrateurs, nos partenaires et les professionnels. 

Les vœux de l’association sont portés à deux voix, celles de Patrick Soria, Directeur Général et de Pierre Blanchard, Président de l’association. 

 

Pierre Blanchard, président de l’association  

Mesdames, Messieurs,  

C’est un vrai plaisir pour moi de nous retrouver, NOUS Adapei-Aria, pour ces vœux 2023. 

[Le président remercie l’ensemble des partenaires présents et excusés] 

Enfin, je salue et remercie toutes celles et ceux qui constituent NOUS, Adapei-Aria de Vendée 

Quand je dis NOUS, association Adapei-Aria, je pense d’abord à chacune des personnes qui sont accompagnées par l’association. Des enfants, des adolescents, des adultes, des aînés. Quel que soit l’endroit en Vendée. Et quel que soit le type d’accompagnement : IME, Centre d’habitat, ESAT, dispositif. 

Nous, ce sont aussi les familles, les parents, les frères et sœurs et les amis proches, qui connaissent et qui soutiennent depuis bien longtemps les personnes. 

Nous, ce sont enfin bien évidemment aussi tous les professionnels qui sont là au quotidien pour accompagner nos proches. 

De fait, nous sommes nombreux à l’Adapei-Aria ! 

Personnes accompagnées – familles, proches – professionnels. Un trio, une triple expertise ! C’est bien cela qui est au cœur de Adapei-Aria.  

Et à nos côtés, il y tous nos partenaires. Ils sont essentiels, ils nous sont indispensables. Nous avons besoin d’eux et nous sommes importants pour eux. Les autorités de contrôle et tarification, qui nous financent, comme l’ARS, le CD ; la DDEETS et d’autres encore. Et tous les multiples partenaires. Je pense aux transporteurs, aux entreprises qui œuvrent avec les ESAT, aux collectivités territoriales. Impossible de les citer tous. 

Alors, à chaque personne de l’Adapei-Aria et à chacun de nos partenaires, au nom de notre Conseil d’administration, je souhaite une belle et bonne année 2023, à chacune et à chacun de nous et à ceux qui nous sont proches. 

Avant de parler de vœux pour 2023, il nous faut revenir sur l’année 2022, avec ses réussites, ses innovations et aussi ses difficultés, ses inquiétudes. 

Des réussites, il y en a eu énormément ! Des réussites dont on parle, qui font que l’on convoque la presse. Récemment, pour ne parler que du mois dernier, il y a eu à l’IME d’Olonne l’ouverture d’une classe : une UEE ou unité d’enseignement externalisée, non pas dans une école, mais dans une MFR. C’était une première, et c’est un vrai succès. Tout récemment, le lancement des travaux du 1er LAC, Logement autonome citoyen, à Fontenay le Comte. Mais je veux parler aussi de très nombreuses autres réussites, qui ne sont pas médiatisées, mais qui sont tout aussi importantes. Un enfant qui, à 6 ans, commence à parler, un adulte qui parvient à faire sa toilette seul, un autre qui parvient à faire une activité avec d’autres personnes en milieu ordinaire.  Des enfants, des adultes qui vont bien, qui sont heureux, car ils ont été accompagnés par des professionnels compétents et bienveillants. On en parle peu, alors que c’est si important. En 2011, au moment du cinquantenaire de l’association, nous parlions de “victoires”. 

Mais, il faut le dire, à côté de toutes ses réussites, l’année 2022 a été une année difficile, avec de vrais motifs d’inquiétude : les pénuries de personnel et les difficultés économiques. Il ne faut pas s’en cacher… 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Monsieur Soria, le président vient d’évoquer à l’instant une année difficile sur le plan professionnel, pouvez-vous nous expliquer cela ? 

  

Patrick Soria, Directeur Général  

2022 fut une année de grandes difficultés en termes de recrutements et de fidélisation des professionnels au sein de notre association, et plus globalement au sein du secteur médicosocial. A cela 3 raisons principales : 

Une quête de sens et de reconnaissance, amplifiée en cette période post COVID. 

Une revalorisation salariale qui traîne à venir et qui ne concerne pas tous les salariés, développant un légitime sentiment d’injustice. 

Couplé à un épuisement de nos professionnels pourtant fort engagés. 

De toute l’histoire de notre association, jamais nous n’avons connu autant de départs secs, autrement justifiés que par un départ à la retraite, une incapacité ou une indisponibilité. Ceci fut soudain, sans indicateurs préalable pour nous y préparer et en limiter l’effet.  

Ces éléments ont eu plusieurs conséquences : 

Des sous effectifs plus importants qu’auparavant, induisant du stress et de la fatigue pour nos salariés et une diminution des activités et accompagnements pour les personnes. 

Des recours plus nombreux aux CDD et à l’intérim, générant de l’instabilité dans les équipes, un renforcement de l’épuisement des professionnels titulaires et des pertes de repères pour les personnes accompagnées. 

Des coûts supplémentaires notamment par un recours contraint à l’intérim, qui s’est organisé sur un marché de l’emploi très tendu. 

Des décisions historiques de réduction d’activité (Unité d’accueil temporaire – de l’IME La Roche-sur-Yon et 3 Services d’Accueil de Jour et un Service d’Accompagnement à la Vie Social en Habitat Regroupé) et de mobilité de professionnels, sur lesquelles reviendra le président. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Face à cette situation comment l’association s’organise-t-elle et plus important encore, comment agit-elle ? 

 

Patrick Soria, Directeur Général   

Nous agissons à travers plusieurs axes : 

Renforcer notre attractivité : via l’organisation de job dating, le développement des apprentissages ou encore le renforcement de partenariats avec les écoles de formation 

Donner des perspectives à nos professionnels : en mettant en visibilité et proposant des parcours professionnels. C’est l’un des objets principaux de notre démarche de Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels. 

« Couper » la pompe à intérim : en reposant les plannings de base intégrant les remplacements programmables et en structurant l’emploi stable (CDI) sur cette base. 

Concilier davantage vie professionnelle et vie privée et autant que possible en améliorant le pouvoir d’achat, notamment sur les structures d’hébergement et de fonctionnement permanent, d’une part en donnant de la visibilité sur les plannings, en s’y tenant et en proposant des augmentations de temps de travail pour celles et ceux qui ont un temps partiel contraint.  

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Monsieur Blanchard, de telles difficultés au niveau professionnel ont bien entendu des conséquences sur l’accompagnement… 

 

Pierre Blanchard, président de l’association 

Oui, c’est indéniable. Nous avons dû prendre des décisions difficiles. Difficiles car elles ont eu des conséquences directes sur l’accompagnement des personnes. Cela a été le cas en début d’année à l’IME des Terres Noires, avec une interruption temporaire de l’Unité d’Accueil Temporaire. Et, cet automne, nouvelle décision, en raison d’une pénurie dramatique de personnels au Dispositif d’Accueil Spécialisé de Mouilleron le Captif, qui accompagne 50 adultes polyhandicapés. Il fallait absolument renforcer l’équipe de professionnels, en raison du risque de fermeture. Nous avons donc décidé de redéployer des professionnels vers le Dispositif de Mouilleron, à partir du 1 décembre dernier et jusqu’au 5 mars 2023. Cela s’est fait au prix d’une diminution d’accompagnements sur 3 Sections d’accueil de Jour Adultes (2 à la Roche et 1 à la Mothe Achard), ainsi qu’au SAVS habitat regroupé de la Roche, le Corail. Donc, des personnes accompagnées en SAJ, qui venaient 5 jours/ semaine, ne viennent que 1, 2 ou 3 jours/semaine Et qui dit impact sur les personnes accompagnées, dit immanquablement impact sur les familles, et impact sur les professionnels. Ces diminutions, limitations d’accompagnement, c’est une situation totalement nouvelle à l’Adapei-Aria de Vendée.  

C’est un crève-cœur. Face à ces difficultés, nous avons essayé de faire face, difficilement, nous en sommes conscients mais le mieux ou le moins mal possible, en voulant à tout prix éviter les fermetures de service. Nous, nous n’avons pas fait ce choix-là. 

Qu’avons-nous fait ?  

Depuis 1 an, une cellule de crise RH se réunit très régulièrement, avec des administrateurs et des directeurs pour évaluer et anticiper les situations critiques. Nous avons toujours cherché à prendre des précautions, avec 2 principes. D’abord, préserver les personnes les plus fragiles, comme celles du DAS, en tenant compte de la situation de chaque personne, et aussi celle de sa famille, son entourage. Le 2ème principe a été de toujours continuer l’accompagnement, en le diminuant, c‘est vrai, mais sans jamais l’arrêter complètement. Nous nous sommes efforcés d’informer, d’expliquer, de rencontrer les familles. Ainsi, Monsieur SORIA, Directeur Général, et moi, nous avons rencontré les familles à l’ESAT de la Mothe et à l’ESAT Coty. Les professionnels aussi ont été rencontrés. Et nous continuerons à le faire. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Alors on vient de le voir, 2022, année exceptionnelle et compliquée au niveau des ressources humaines, mais année exceptionnelle d’un point de vue financier… ? 

 

Patrick Soria, Directeur Général  

Là encore, 2022 est une année exceptionnelle qui échappe à tout repère connu en matière de gestion et de prévision économique. 

Historiquement, l’Adapei-Aria de Vendée est une association peu riche, principalement du fait du très faible niveau de ses réserves et de budgets à la place fort bas au regard des besoins des publics accompagnés. La chambre régionale des comptes le qualifiait dans son audit de 2017. Cette situation est amplifiée par des choix politiques forts de notre Association, que sont : des admissions inconditionnées, la non-interruption des accompagnements et la volonté de s’adresser aux plus vulnérables des personnes en situation de handicap. 

En 10 années, les indicateurs financiers de l’association se sont dégradés lentement, mais inexorablement. À cela plusieurs explications, des taux directeurs trop bas et appliqués de manière indifférenciée entre les gestionnaires, la non prise en considération de dépenses opposables, notamment en matière de sécurité et d’accessibilité. 

Notre Conseil d’Administration est sensible à cette situation économique depuis des années, ce qui l’a conduit en 2019 à faire réaliser un audit financier indépendant (par le cabinet EY), puis à établir et suivre un plan dédié de reconstitution de notre capacité d’autofinancement (septembre 2019). Il est construit selon 3 axes (ressources-optimisation-dépenses), sachant que celui lié au développement des ressources n’a pu obtenir écho de nos Autorités de Contrôle et de Tarification. 

La situation s’est brutalement dégradée en 2022 avec le financement partiel de dépenses de gestion qui nous sont opposables (revalorisations salariales, inflation et intérim). Cette situation mérite d’être prise en compte afin d’assurer la pérennité de l’action de l’Association. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Je me tourne vers vous M. Blanchard, face à cette situation économique dégradée et inquiétante, quelles décisions ont été prises au niveau du conseil d’administration ? 

 

Pierre Blanchard, président de l’association 

Oui, effectivement, les données qui sont transmises à notre Conseil d’administration par notre direction financière ont réellement de quoi nous inquiéter. En fait, encore plus que les chiffres actuels, c’est la trajectoire prévisible de la trésorerie pour les prochains mois, qui est préoccupante. Le risque serait que, un jour ou l’autre, nous ne soyons plus en mesure de payer les salaires des professionnels ou les factures. Et donc le risque de devoir diminuer ou cesser des accompagnements de personnes qui en ont besoin, avec toutes les conséquences, pour les personnes elles-mêmes, pour les familles, pour les professionnels. 

Depuis environ 1 an, nous avons pris la mesure de ces risques. Nous avons mis en place une cellule de crise finances-trésorerie, qui se réunit régulièrement.  

Nous avons exprimé nos inquiétudes à nos autorités de contrôle et tarification, nos financeurs, concernant cette trajectoire, afin qu’ils nous soutiennent. Nous les avons rencontrés. 

A la mi-décembre, suite à la décision de notre Conseil d’administration, nous avons adressé une invitation à toutes les familles à des rencontres avec nous, administrateurs, pour les informer. Avant même le début de ces rencontres, nous avons eu des signaux qui nous encouragent. Ainsi, mardi dernier, il y a une semaine, nous avons eu une rencontre forte et féconde, à 4 personnes : Monsieur LEBOEUF, président du CD, Madame RIVIERE, vice-présidente, Luc GATEAU, président de l’Unapei et membre de notre conseil d’administration, et moi. Certes, il y a des désaccords, mais chacun a clairement exprimé sa volonté d’avancer, de dialoguer, de trouver des solutions. Des nouveaux RV se prennent, entre directeurs financiers, et aussi à un niveau plus politique, entre la Vice-présidente du CD, Mme RIVIERE et moi, au nom du CA de l’association. Il y a du chemin à faire. Il faudra de la vigilance pour conduire cette démarche constructive et de dialogue, encourageante, et nous nous y engageons. 

Nous sommes au milieu de ces rencontres familles. Quatre ont eu lieu depuis 1 semaine, la dernière hier à Luçon, et il en reste 4 : demain pour le secteur de la Roche-sur-Yon, puis les secteurs des Sables, puis Challans, et enfin finir à Chantonnay dans une semaine. 

Ce sont des rencontres avec des parents ou familles, avec 4 ou 5 administrateurs. L’objectif de ces rencontres est double : informer les familles de la situation actuelle, simplement, en toute franchise. Et les écouter, entendre ce que les familles ont à nous dire. C’est bien normal pour association familiale et parentale ! 

Ce n’est pas fini, mais d’ores et déjà, je peux vous dire les 3 grandes lignes de ce que nous avons entendu des familles lors des 4 premières rencontres. D’abord de la gratitude et des remerciements pour le travail d’accompagnement fait au quotidien par les professionnels, et une confiance envers notre conseil d’administration. Des questionnements sur beaucoup de sujets : l’inclusion, le vieillissement, sur notre fonctionnement et notre gestion. Mais surtout beaucoup d’inquiétudes, conséquences de nos difficultés économiques et des pénuries de personnels. Des inquiétudes au sujet des risques de diminution ou d’arrêt d’accompagnements, de fermetures.  

Donc oui, toutes ces expressions fortes des familles nous obligent à trouver des solutions, à réussir. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

On entend bien ces difficultés de financement d’autant que nous sommes, et nous vous l’annoncions l’année dernière lors des vœux déjà dans l’élaboration d’un nouveau CPOM – Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens. Pour simplifier, c’est un contrat signé entre l’association et ses financeurs pour déterminer une dotation permettant à l’Association d’assurer sa mission auprès des personnes qu’elle accompagne.  

Où en est-on dans ce processus ? 

 

Patrick Soria, Directeur Général 

L’an dernier à l‘occasion des vœux 2022, nous vous exprimions les avancées de notre nouveau CPOM tripartite, engagé alors depuis 1 an. La dynamique a largement été ralentie en janvier 2022, du fait de la décision de nos deux ACT d’engager un audit financier et budgétaire. Cet audit conduit par un cabinet tiers (EXCO) a été engagé en septembre et devrait aboutir en juin 2023, à l’issue des 5 phases définies par nos ACT. Parallèlement, le processus d’élaboration de notre CPOM sera conduit, avec une actualisation du diagnostic pour janvier, une élaboration des fiches actions d’ici juin, puis une négociation des objectifs et moyens à l’issue de l’été. 

Finalement, l’élaboration de ce CPOM prendra 3 années, avec de profonds changements méthodologiques. L’Adapei-Aria souhaite être pleinement associée aux différentes étapes de cette démarche d’élaboration du CPOM. 

L’Adapei-Aria reste impliquée et continue de travailler avec sérieux dans la perspective de ce futur CPOM. Les actions engagées sont : 

La poursuite du travail sur la qualification et fiabilisation de nos données d’activité, et ce à partir de 6 établissements pilotes. Ce projet s’inscrit dans un projet plus global de pilotage de la donnée (DATA) et est conduit en cohérence avec le processus d’évolution de nos ESMS en dispositifs. 

L’élaboration de notre premier schéma directeur patrimoine immobilier, qui sera soumis à l’approbation de notre CA en février 2023. Plusieurs objets sont visés : l’optimisation de notre patrimoine, l’optimisation de sa gestion et l’amélioration de la gouvernance associée. 

La mise en œuvre de notre 3ème schéma directeur SIN (Système d’Information Numérique), dans une dynamique de maîtrise de ses coûts. Pour ce faire, notre CA a fixé un niveau de dépenses maximal à consacrer aux SIN. Aussi, pour atteindre ses ambitions en matière de SIN, notre AG a approuvé en novembre 2022 le transfert de son activité SIN au sein d’une nouvelle entité dédiée : Synappse. L’association en est associée à 50% et lui a octroyé une licence exclusive d’exploitation de la marque qu’elle avait créée. Ces éléments garantissent à l’Adapei-Aria la maîtrise de la stratégie SIN de cette nouvelle entité et lui ouvrent la possibilité d’actions de mutualisation avec d’autres associations et l’atteinte possible de nouvelles ressources.  

Nous avons acté que nous sommes entrés dans une période de plus grande rigueur de gestion et de sobriété.

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Merci M. Soria pour ces précisions, M. Blanchard, que cela vous inspire-t-il ? Quel message souhaitez-vous porter ce soir face à cette situation ?    

 

Pierre Blanchard, président de l’association 

Nous avons besoin du soutien de nos Autorités de Contrôle et Tarification, nos financeurs, et notamment les 2 principaux : l’ARS et le CD. Pour cela, il faut dialoguer, il nous faut nous comprendre, voir les atouts et les contraintes de chacun. Il nous faut partager une vision concernant le handicap en Vendée, sur tout le territoire. Nous-mêmes avons bien avancé dans cette voie et nous souhaitons apporter notre contribution. Nous devons bâtir et signer le CPOM en 2023. Et d’autre part, à notre niveau, il nous faut impérativement ré-écrire notre Projet Associatif. J’y reviendrai. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Alors il y a certes des difficultés de ressources mais pour autant, l’Association, poursuit sa démarche d’innovation. Le processus d’évolution et de transformation entamé par l’Adapei-Aria de Vendée se poursuit, M. Soria, pouvez-vous nous en dire plus sur les prochains jalons clé de notre transformation ? 

 

Patrick Soria, Directeur Général 

Le calendrier et la méthode ont été retravaillés fin 2022. Cette méthode intègre plusieurs temps de séminaires avec l’ensemble des administrateurs et ce à 4 reprises au fur et à mesure de l’année 2023. L’approche prévoit 3 grandes phases : 1 à 2 établissements et services qui serviront de pilotes par typologie de dispositif sur 18 mois, suivi d’un temps de bilan en vue d’une généralisation sur 5 années.  

Le premier dispositif pilote sera un DAAME – Dispositif d’Accueil et d’Accompagnement Médico Éducatif et sera implanté sur le territoire Centre Vendée. Ce pilote sera conduit dans le cadre d’un Appel à Manifestation d’Intérêt qui sera publié par l’Agence Régionale de Santé courant premier semestre 2023. Nous nous y préparons depuis plusieurs mois avec l’ensemble des managers des IME et SESSAD. Nous avons adopté un processus rigoureux qui nous oblige à repenser fondamentalement l’accompagnement, pour davantage de personnalisation et d’inclusion. En synthèse les accompagnements seront organisés à partir de domaines d’interventions, l’offre de répit sera renforcée et l’évaluation – coordination des parcours prendra une dimension majeure au service des parcours, des besoins et aspirations des personnes.  

Cette démarche est conduite avec une double volonté de renforcement de nos files actives et d’établissement d’une corrélation plus forte entre l’activité et nos dotations.  

En lien avec nos ACT, nous envisageons dès 2024 d’engager un pilote DVSL – Dispositif Vie Sociale et Logement et deux pilotes DATAE – Dispositif d’Aide par le Travail et d’Accompagnement vers l’Emploi, sachant que l’expérimentation du DAS se poursuivra, fort de ces nouveaux éléments et que le projet du DMSHP sera également ajusté en conséquence. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Merci M. Soria pour ces précisions, M. Blanchard, ces évolutions sont avant tout au bénéfice des personnes… 

 

Pierre Blanchard, président de l’association 

L’objectif de cette transformation, c’est d’abord pour les personnes. Il s’agit de répondre au mieux aux attentes et aux besoins des personnes et de pouvoir accueillir davantage de personnes, qui frappent à la porte, qui sont sans solution ou avec de mauvaises solutions et donc, qui sont sur d’interminables listes d’attente. 

Nous sommes engagés dans une démarche d’inclusion. Mais, comme le rappelle bien souvent Luc GATEAU, président de l’Unapei, il doit s’agir d’une “transition inclusive”. C’est à dire que, pour être réussie, l’inclusion doit être singulière, adaptée, donc répondant aux choix et aux besoins de chaque personne et de sa famille, elle doit être soutenable, économiquement, mais surtout humainement, pour la personne et pour sa famille. Elle doit être sécurisée avec prise de risques partagé et elle sera, de fait, bien souvent progressive. Une inclusion non choisie, non soutenable humainement et non sécurisée sera une inclusion ratée, avec grand risque d’exclusion. 

Tout cela, si c’est fait correctement, aura un coût et je crois qu’il ne faut pas s’attendre à des économies. 

Cela va nous obliger à changer nos organisations, nos fonctionnements à passer d’une logique d’établissements ou services à une logique de dispositif. 

Le hasard du calendrier fait que demain, nous avons un séminaire d’administrateur consacré à la transformation de l’offre. Nous en aurons d’autres par la suite. Il nous faut réussir cette transformation de l’offre, qui devrait nous permettre une transition inclusive qui soit réussie. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Vous venez d’évoquer Luc Gateau, le Président de l’UNAPEI, mouvement national parental auquel nous adhérons.  

Luc Gateau, est par ailleurs ancien président de l’association et aujourd’hui encore membre du conseil d’administration de l’association. 

Nous vous proposons d’écouter le message de vœux qu’il a adressé en vidéo à l’ensemble des associations du réseau. 

VOIR LA VIDÉO DE LUC GATEAU

Hugo Pallatier, présentateur 

M. Blanchard, Luc Gateau vient d’évoquer la nécessité de poursuivre l’innovation pour continuer d’accompagner le plus grand nombre, de façon personnalisée et adaptée. Cet accompagnement ne peut se faire qu’avec une pleine collaboration avec les familles et proches des personnes. C’est là notre ADN d’association parentale militante…

 

Pierre Blanchard, président de l’association 

Vous avez parlé de notre ADN. Il est en phase avec celui de l’Unapei, mouvement national parental auquel nous sommes affiliés. Depuis plus de 60 ans, nous sommes une association gestionnaire et militante. Gestionnaire, car au travers de tous nos établissements, services, dispositifs, l’Adapei-Aria de Vendée accompagne environ 5000 personnes en Vendée, grâce à l’action de tous nos professionnels. Nous sommes, de loin, l’organisme gestionnaire qui accompagnons le plus de personnes en Vendée, en ce qui concerne le handicap. Et nous sommes une association militante, parentale, familiale. Nous portons des valeurs et nous y tenons. 

Nous avons une approche inconditionnelle, c’est à dire que nous ne faisons pas de tri des personnes handicapées. Nous ne choisissons pas les personnes qui ont un handicap le moins lourd, comme on dit, et donc qui coûte moins cher. Nous accueillons des personnes qui ont été refusées ailleurs. Alors oui, objectivement, les personnes accueillies à l’Adapei-Aria ont le plus souvent un handicap plus lourd, et donc plus coûteux. Si nous ne le faisons pas, que se passera-t-il ? Des personnes avec lourd handicap seraient alors sans solution ou contraints de retourner chez leurs parents, qui travaillent ou bien qui vieillissent. Insupportable ! Faut-il changer nos valeurs ? Je ne le crois pas. C’est notre devoir, notre mission et notre honneur. Mais il faut que nous soyons soutenus à hauteur.  

Un autre principe auquel nous croyons, que nous défendons est ce qu’on appelle maintenant la triple expertise. De quoi s’agit-il ? C’est d’une part les personnes accompagnées, qui ont un avis, des souhaits, et donc l’expertise d’elles-mêmes. Ce sont les parents, les familles, qui ont aussi une expertise, qui connaissent depuis toujours leur enfant, leur proche et donc toute leur histoire et qui les aiment et les soutiennent. Et ce sont évidemment tous les professionnels, qui accompagnent les personnes, qui ont l’expertise de leur métier, qui sont investis, compétents et bienveillants. 

Nous tenons beaucoup aussi à des parcours qui soient inclusifs, mais aussi soutenables et sécurisés. Je viens d’en parler.  

Je tiens à dire que, en tant qu’administrateur de l’Adapei-Aria de Vendée, en tant que parent, nous portons une responsabilité de contrat moral envers les personnes handicapées et les familles. En raison de ce contrat moral, nous sommes déterminés à agir pour les personnes accompagnées, pour les familles, grâce à l’action des professionnels, et avec tous nos financeurs et nos partenaires. Et sans oublier les personnes et familles sur listes d’attente ou sans solution. 

 

Hugo Pallatier, présentateur 

Pour conclure, que devons-nous faire en 2023 ?  

 

Pierre Blanchard, président de l’association 

Il est temps, il est indispensable de réécrire notre Projet Associatif. Le précédent a pris fin en 2022. Nous l’avons prolongé d’un an. L’important, désormais, c’est dire ce que nous sommes, ce que nous faisons et surtout ce que nous voulons faire pour les prochaines années, de façon innovante, audacieuse et réaliste. Le document essentiel est le Projet associatif. Nous sommes une association parentale et familiale. Il nous appartient, en tant que membres du Conseil d’administration, d’entendre la parole des personnes accompagnées, des familles, des professionnels, de nos financeurs et de nos partenaires Et il nous appartient d’écrire ce projet, avec la collaboration de nos directeurs, pour une approbation en Assemblée Générale fin 2023. 

Vous voyez, le travail ne va pas manquer. 

Je vous souhaite une belle et bonne année à chacune et à chacun d’entre vous, aux enfants et adultes accompagnés par l’association, aux parents, familles, amis, aux administrateurs, à tous les professionnels de l’Adapei-Aria. Et aussi à tous nos partenaires. Bonne et belle année 2023.  

Je vous remercie pour votre présence et pour votre attention.